LA DERNIERE LIGNE DROITE
Nous
voici à un tournant du mouvement, un de plus ! Nous en sommes à la
grande montée sur Paris ce mardi 14 juin, la plus grosse
manifestation depuis le début du mouvement anti loi travail. Encore
une fois, des foules disent leur colère contre cette loi et son
monde de précarité, de chômage et de bas salaires. La même
affirmation depuis plus de trois mois, répétée, scandée sur tous
les tons : votre loi de régression sociale on n'en veut pas ! Jusque
dans le propre camp du gouvernement au Parlement, où faute d'une
majorité, Valls a été contraint d'utiliser le 49-3.
Malgré
toutes les manœuvres déployées contre les manifestants et les
grévistes, le mouvement tient. Malgré les violences policières et
les lourdes peines de prison s'abattant sur des jeunes, notamment à
Rennes. Malgré le chantage visant "les
grévistes prenant en
otage" les
victimes d'inondations, comme si les protestataires y étaient pour
quelque chose dans les pluies diluviennes, et malgré le début de
l'Euro, la colère ne faiblit pas et s'exprime fortement de manière
multiforme dans tout le pays.
De
l'argent, il y en a pour l'UEFA
Que
n'a-t-on entendu sur le fait de gâcher cette grande fête du foot !
Fête probablement illustrée par les affrontements ô combien
fraternels entre supporters à Marseille et Nice, qui ont "cassé"
en 24 heures, bien plus que
lors des manifestations contre la loi Travail ? Fête "populaire"
coûtant 1,6 milliard d'euros d'argent public pour la rénovation des
stades et la sécurisation des supporters, alors que l'argent manque
pour tous les services publics ? Rien ne semble trop onéreux pour
cet euro dont les retombées économiques seront essentiellement
captées par l'UEFA et ses partenaires commerciaux, avec près de 900
millions d'euros de bénéfice net. Les intérêts de l'UEFA,
éclaboussée par toutes sortes de scandales de corruption, priment
donc sur ceux de la population, dans cette époque d'austérité.
Comme l'affirme un collectif de professeurs et chercheurs dans le
journal Le Monde : "il
nous semble urgent de résister à l’asservissement idéologique du
football dont se sert aujourd’hui le gouvernement pour étouffer le
mouvement social, urgent de dénoncer l’exutoire mystificateur du
ballon rond."
Et
maintenant ?
Macron
conspué à Montreuil, meeting de soutien au gouvernement annulé à
Poitiers par peur des manifestants anti loi travail, les membres du
gouvernement sont pris à partie partout et ne font les fiers qu'à
la télé. Il est évident qu'ils sont dans une bien mauvaise
situation. La question qui est dans toutes les têtes aujourd'hui est
comment continuer le mouvement ? Comment le faire gagner ? Martinez
devrait rencontrer prochainement la ministre El Khomri. Est-elle
prête à retirer sa loi ? Sinon, cela n'aurait été qu'une
tentative supplémentaire de noyer le poisson. Il n 'y a pas de
négociation possible, cette loi, il faut la retirer, un point c'est
tout.
Le
gouvernement, depuis le début, compte sur l’essoufflement du
mouvement. Il a eu tort jusqu'à présent. De conflit en conflit, de
manif en manif, les salariés ont été nombreux à se mettre en
mouvement et on voit bien à quel point c'est cela que craint le
gouvernement : une convergence de luttes affectant tellement de
secteurs que l'économie soit entièrement paralysée. Car pour
obtenir la victoire, il semble plus que jamais nécessaire de ne pas
laisser quelques secteurs comme les cheminots ou les éboueurs se
battre seuls. C'est le moment ou jamais de jeter toutes ses forces
dans le combat.
