Contre la loi El
Khomri et son monde, c'est pas fini !
Hollande aura bien essayé
de redorer le blason de son gouvernement en utilisant jusqu'à plus
soif la victoire des bleus en demi-finale. Mais comment aurait-il pu
croire qu'une compétition sportive, fusse-t-elle européenne,
suffirait à mettre sous le tapis quatre mois d'une lutte tenace
contre la loi Travail et son monde?
Et avant même la
victoire ou non de l'équipe des Bleus, une enquête montrait qu'une
large majorité de la population ne croyait pas qu'une victoire de
l'équipe de France changerait sa situation sociale.
Le parti socialiste
ami des patrons et de la finance
Pendant ces quatre mois
de mobilisation, le parti socialiste au pouvoir a montré enfin à
une échelle de masse son vrai visage : celui d'un défenseur
inconditionnel des intérêts des capitalistes. Avec la loi El
Khomri, il aura été plus loin que Sarkozy dans les gages donnés au
patronat de détruire les droits des travailleurs au profit de ceux
du capital.
Et pour imposer ses vils
projets en étant incapable de gagner une majorité à l'Assemblée
nationale, il aura eu par deux fois recours au 49-3 pour passer en
force. Il a même été tellement aux abois qu'aucun moyen
d'intimider celles et ceux qui se battaient ne leur aura été
épargné : violences de la police, interdiction individuelle de
manifester, parcours tronqué, barrages policiers et fouilles avant
les trois dernières manifestations parisiennes, arrestations à
domicile, gardes à vue à gogo et blessures graves des
manifestant-e-s. Il y aura eu à Paris, moins de policiers mobilisés
pour la finale de l'Euro, pour « le maintien de l'ordre »,
que durant les trois dernières manifestations contre la loi
Travail !
Trop de colères
accumulées pour se résigner
Durant
quatre mois, les travailleur-euse-s et la jeunesse se sont mobilisés
contre cette loi pour ce qu'elle est c'est-à-dire une attaque
majeure contre un code du travail déjà bien piétiné. Mais elle a
mis à jour aussi un ras-le-bol général face au sort réservé à
la majorité d'entre nous par tous les gouvernements qui se succèdent
et qui auraient bien besoin qu'un nouveau mai 68 vienne balayer
leurs politiques antisociales.
Les
directions syndicales ont maintenu leur plan de journées d'action en
journées d'action plutôt que d'appeler résolument à la grève
générale interprofessionnelle. Pourtant, on peut largement imaginer
ce qu'auraient pu donner 12 journées consécutives où le transport
ferroviaire, les raffineries, les ports, le transport aérien, les
bus auraient été entièrement bloqués et où l'économie du pays
aurait été à l'arrêt.
Le 15 septembre :
nouvelle journée de grève, la lutte continue
Nous
savons dès maintenant que l'intersyndicale appelle à se mobiliser
le 15 septembre contre la loi Travail et alors même que celle-ci
aura été promulguée. C'est une bonne nouvelle car cela montre que
la partie n'est pas finie.
Mais
pour cela, nous devrons nous appuyer sur ces quatre mois écoulés.
Cette mobilisation a commencé à faire prendre conscience à une
partie de notre camp social de la force que nous représentons, en
étant unis, contre ceux qui nous exploitent. La question de la
convergence des luttes et de la nécessité d'être tout ensemble
dans la rue et en grève, le même jour et pour la même cause a
irrigué maintes discussions d'assemblées générales mais en
septembre il nous faudra franchir un cap : tenter pour de bon la
grève reconductible dans un certain nombre de secteurs pour aboutir
à la grève générale jusqu'au retrait !
